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A l'issue du Colloque sur Les formes pathologiques et pathogènes de la « normalité », nous avons été invités à faire le point, si nous le désirions. Que nous a apporté le Colloque à partir de notre réflexion antérieure sur le normal et le pathologique, réflexion que, rédigée (1) ou non, chaque psychanalyste ne peut manquer d'avoir déjà conduite pour son propre compte ?
Ce qui a été dit a été riche et varié, et chacun a pu y trouver son bien. Ce qui m'a frappée est le caractère aporétique de toute réflexion sur la normalité. Tous ceux qui ont parlé se sont à la fois défendus de se référer à un a priori de la normalité, et sentis contraints de se référer à des critères cliniques de la normalité. En tant que praticien, le psychanalyste ne saurait se passer de critères, échelle de valeurs de santé mentale au sein de la continuité qualitative du normal au pathologique, critères qui le déterminent à ne pas commencer, à commencer, à terminer son travail avec celui qui est venu le consulter. Cette échelle de valeurs qui lui est très chère, consubstantielle (il s'est construit comme analysé et continue de se construire comme analyste tout en l'édifiant), il répugne à l'hypostasier, et pourtant ne parvient pas à adopter une autre optique, même en dehors de sa pratique analytique. Et surtout, il ne supporte pas l'idée d'une assimilation, voire d'un recoupement, entre cette échelle de valeurs et le conformisme social. Recourir au critère de l'adaptation, comme le font certains psychanalystes américains est, pour le psychanalyste français, succomber à un péché capital. Seuls les patients ont le fantasme, qui les terrifie, que le divan du psychanalyste est le Ht de Procuste, que l'homo psychanalyticus est coulé dans un moule unique. Si le psychanalyste adapte, ce ne peut être que le sujet à lui-même. Il se propose de libérer les forces vives de l'individu, non de les enfermer dans le carcan des normes sociales (de quel groupe social s'agirait-il ? car notre société est loin d'avoi