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Je voudrais intervenir brièvement sur un point qui a été à la fois commun et divergent aux introductions de Ch. David et de J. McDougall. Ce point se trouve implicite dans les deux formulations du titre de ce Colloque proposé par R. Diatkine : Aspects pathologiques de la normalité ou Aspects pathologiques et pathogènes de la normalité. Je regrette, pour ma part, que ces deux titres n'aient pas été conservés, ce qui aurait pour avantage de faire ressortir le travail de la pensée effectué au cours de la période écoulée entre ces deux formulations. Quoi qu'il en soit, la première incite — j'allais dire induit — à être « pour » ou « contre » le normal, idée bien répandue aujourd'hui et pourtant largement dépassée depuis que Freud avait démantelé les frontières qui les séparent. On peut penser que J. McDougall se réfère davantage à la première formulation et ne manque pas, de ce fait, de faire une sorte d'apologie du pathologique. Ch. David, au contraire, semble se référer davantage à la seconde, non sans remarquer l' « inquiétante étrangeté » qu'on est en droit d'éprouver à la lecture de la première.
A un détail près, je ne serais pas loin de la position de J. McDougall, en disant que je serais volontiers conformiste, anticonformiste, antianticonformiste, si cela s'avérait nécessaire, non point par souci d'opportunité et d'adaptation sociale ou psychanalytique, mais simplement en fonction de mes possibilités de régresser — en dehors de mes heures de sommeil — et sans m'y fixer pour autant. Une telle disposition n'implique ni la négation du normal, ni l'apologie du pathologique, seulement la faculté de jouer sur de divers « registres », en relative liberté, sans oublier le principe de réalité.
Il me paraît utile de nous référer au modèle physiologique et notamment à la notion de normativité, effleurée par Ch. David et chère à mon maître, Georges Canguilhem (1).
Les citations qui suivent peuvent éclairer, sinon résumer, sa pensée.
« Etre en bonne santé, écrit-il, c'est pouvoi