You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Voici dix ans (septembre 1962) s'était tenu à Cerisy-la-Salle un Colloque mémorable sur le thème : Art et psychanalyse. Un important volume paru sous le même titre (Mouton, 1968) reproduit la plupart des exposés et des discussions qu'ils inspirèrent. Le présent texte qui y figure sous une forme passablement tronquée retrouve ici sa version intégrale.
Si pour l'essentiel la position de l'auteur ri'a guère varié, la forme de l'exposé n'en porte pas moins la marque du millésime. Reste l'idée, toujours d'actualité, qu'à coucher l'œuvre d'art (et non l'artiste !) sur le divan analytique, on accède à la source même de son efficience, à la région inscrite en elle où créateur et destinataire ne font qu'un, car ils s'y confondent dans l'intuition directe de l'acte de symboliser. Parler l'œuvre à partir de l'inconscient qu'elle implique, la parler de manière à l'ériger en paradigme concret d'elle-même, de manière qu'à partir de ce seul discours elle puisse être, à la limite, reconstituée sans reste — voilà qui demeure la tâche idéale d'une science ayant l'art pour objet. C'est à cette tâche, infinie mais nullement vaine, que l'auteur se proposait d'apporter une première pierre.
Paris, le 20 septembre 1972.
Mes réflexions m'ont conduit à poser qu'une esthétique psychanalytique, si elle doit exister un jour, devra se fonder sur les trois propositions suivantes :
1° Toute œuvre d'art comporte nécessairement une double face : consciente et inconsciente, manifeste et latente ;
2° Toute œuvre d'art est solution exemplaire de conflits exemplaires ;
3° Toute œuvre d'art symbolise la dialectique universelle de la symbolisation elle-même.
La présente communication ne saurait avoir pour but d'expliciter ou d'illustrer ces trois propositions cardinales. Elles seront toutefois sous-entendues dans cet exposé, limité à l'approche psychanalytique