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Freud n'a ni écrit dû Art poétique, ni élaboré une théorie de l'esthétique. Cependant, dans ses articles sur des artistes et des écrivains, particulièrement dans son analyse du roman de Jensen, Gradiva, il a ébauché certaines suggestions fécondes.
Jusqu'alors, les discussions psychanalytiques sur la littérature et les arts n'avaient eu qu'un rôle marginal, se basant sur l'assertion faite une fois par Freud, et suivant laquelle l'analyse « doit déposer les armes devant le génie artistique et le problème de la technique artistique ». Et la plupart de ceux qui ne s'avouèrent pas vaincus tirèrent leur force des données pathographiques fournies par les études cliniques de Freud ; ils se référèrent à elles pour expliquer le processus de la création artistique. Le présent essai traite brièvement de quelques-uns des pièges de cette approche.
Beaucoup d'études psychanalytiques de la littérature extrapolent la stratégie génétique de Freud et essayent de faire découler l'œuvre avant tout de la biographie de l'auteur. Utilisant les données cliniques de Freud comme modèles, elles se concentrent sur les traits pathogéniques de la vie de l'artiste. Dans ce cadre, l'art et la littérature sont considérés comme les « défenses » de l'auteur contre ses conflits inconscients, ses sentiments de culpabilité, etc. L'accent est mis sur « l'arrière-plan » pathologique — sur le Ça et ses dérivés.
Or, la génétique ne détermine pas le sens ou la valeur ; c'est une base nécessaire, mais non suffisante, pour l'explication de ce qui est vrai, bon, et particulièrement de ce qui est beau. Le refoulement ne suffit pas à expliquer, à lui seul, par quel processus l'oral-anal-œdipien est transformé et assimilé en une production esthétique et agréable.
Cette approche de l'art par le Ça laisse de côté les pouvoirs re-créateurs, expression de l'ego, par lesquels l'artiste fait de son matériau « une chose de beauté ». D'après Edward Glover : « Quel que soit son but inconscient, l'œuvre d'art r