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J'ai lu ces livres dans des humeurs différentes et des temps divers. Ils m'ont souvent fasciné avant que de m'instruire. Ils sont revenus à moi avant toute « critique » possible. C'est la preuve de leur singularité et de leur efficacité.
Je n'en rendrai aucunement compte. J'en serais incapable. Je me suis associé à leur démarche, mais peut-être ai-je refoulé, censuré, sous-estimé, extrapolé, transgressé certains de leurs moments féconds, de leurs angoisses d'écriture, de leur joie de découverte ; il est probable que les auteurs ne s'y retrouvent pas. Tout ce que je puis justifier, c'est que grâce à eux il m'est venu, en mémoration et en élaboration, ces lignes.
Le fait de les avoir associés paraîtra peut-être une réduction du semblable au semblable. Je leur ferais donc injustice, et mes interprétations déviantes risqueraient de transformer le narcissisme des grandes différences en narcissisme des petites différences, me rendant alors semblable sinon à Dieu—l'absolu Narcisse puisqu'il dort (il repose) dans l'infini —, du moins au dogme incarné de vérité outrancière. Non, ces livres m'ont ému, interrogé. Je les ai toujours trouvés dignes d'admiration.
C'est vrai qu'ils détiennent un fonds commun qui les ressource, chacun à leur manière : l'antagonisme pulsion sexuelle -narcissisme.
Je me suis tout d'abord posé une ancienne question ; cet antagonisme fondamental, ce principe dualiste de conflit, ce polemos qui se dialectise incessamment ne s'enlève-t-il pas sur quelque chose de difficilement pensable qui n'appartiendrait ni à l'un ni à l'autre, ni ne les résumerait synthétiquement