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Replaçons d'abord ce livre dans le cadre du désir exprimé par ses auteurs. Il veut être un travail d'équipe comme ne peut que l'être le traitement des grands psychotiques. Th. Freeman l'exprime dès la première page : « L'isolationnisme qui existait entre les disciplines séparées (en l'occurrence psychiatrie, psychologie, psychanalyse, et même dans une certaine mesure direction et administration) doit disparaître si l'on veut que la compréhension des maladies mentales puisse progresser. »
Par psychose, les auteurs entendent essentiellement les troubles de type schizophrénique. Ils n'abordent que très succinctement la manie, la dépression et la mélancolie.
Une première partie, rédigée par Th. Freeman, comporte 8 chapitres consacrés à une compréhension psychanalytique des symptômes psychotiques et des psychoses.
Le chapitre 9, rédigé par A. McGhie, cherche à décrire et à définir la place du psychologue et son apport original dans une équipe d'inspiration psychanalytique.
Enfin le dernier chapitre, dont l'auteur est J. L. Cameron, est intitulé « Traitement psychanalytique des psychoses ». Nous y reviendrons.
Dans son étude, Th. Freeman cherche à décrire l'évolution de la compréhension théorique des troubles psychotiques et plus précisément des schizophrénies, de la dynamique et de l'économie de leur apparition et des diverses formes qu'elles présentent.
Il rappelle que dès 1911, avec la publication de la première Topique, Freud considère que l'évolution psychotique se fait en deux temps :
— Un premier temps est constitué par le retrait de la libido des investissements objectaux et de leurs représentations inconscientes. La libido objectale se transforme en libido narcissique, se retournant et investissant le Moi du sujet.
Dans le cas des schizophrénies, la rupture des investissements objectaux et le retrait libidinal très profond amènent le patient à un état anobjectal, autoérotique.
A partir de là, a lieu une tentative de restauration du monde extérieur, de restitution des inve