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Mesdames,
Messieurs,
Mes chers collegues,
C'est pour moi un grand honneur, mais un plus grand plaisir encore, que d'ouvrir aujourd'hui ce Congrès des Langues romanes. Un plaisir plus grand encore que l'honneur car nous avons tous pour ce Congrès qui nous rassemble chaque année une très particulière amitié. De l'ouvrir ici, à Bruxelles, est aussi, pour beaucoup d'entre nous, évoquer avec une certaine émotion un souvenir. Il y a quelque quinze ans, on me l'a rappelé hier soir, lors d'un Congrès des Langues romanes, a été fondée la Société psychanalytique belge qui nous reçoit aujourd'hui.
Nous voici donc à nouveau réunis avec une particulière satisfaction. En effet, le Congrès des Langues romanes est un lieu tout à fait privilégié où l'échange d'expériences entre collègues analystes, celui des réflexions métapsychologiques que ces expériences leur suggèrent, se tissent sur une trame où savoir et affectivité sont très étroitement liés. Cependant, notre satisfaction d'aujourd'hui se trouve entachée par une profonde peine, celle de ne plus retrouver R. de Saussure, qui a été un des créateurs de ce Congrès des Langues romanes, et qui nous a habitués à voir d'année en année son élégance souriante et son esprit inventif apporter sa contribution personnelle à nos travaux. Pour assurer sa continuité et la nôtre, nous ne saurions mieux faire que de travailler avec le maximum d'amitié, de cordialité, à favoriser ces échanges auxquels nous tenons tous.
« Les Langues romanes », c'est effectivement, pour nous qui sommes autour de cette table, la présence du passé. C'est aussi la garantie de notre avenir, car aux visages que nous connaissons, nous voyons se joindre ceux, de plus en plus nombreux, de jeunes collègues qui