You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Directement dans le propos du très intéressant rapport de Mme Flagey, je voudrais aborder, rapidement ici, un cas, peut-être particulier, d'inhibition intellectuelle : l'inhibition intellectuelle du psychanalyste.
Pour cela, il me faut d'abord distinguer, très schématiquement, trois occasions d'inhibition que peut rencontrer le psychanalyste dans son fauteuil :
— l'inhibition à écouter : elle pose de sérieux problèmes et je la mentionne ici seulement pour mémoire ;
— l'inhibition à entendre : c'est le cas du psychanalyste qui écoute son patient et s'aperçoit qu'il ne l'entend plus — entendre est à accepter ici au sens d'entendement psychanalytique : qualité spécifique à la situation analytique, mélange d'attention flottante, d'insight et d'associations personnelles, qui font que l'analyste est présent à son patient sur le même tempo ;
— la troisième variante est l'inhibition intellectuelle à proprement parler : l'inhibition à comprendre.
Je voudrais essayer de montrer ici comment s'articulent, éventuellement, l'inhibition à entendre et l'inhibition à comprendre, ceci afin de repérer les particularités, chez le psychanalyste, de l'inhibition à comprendre, c'est-à-dire de l'inhibition intellectuelle.
Alors qu'il écoute son patient, le psychanalyste peut s'apercevoir que depuis un temps plus ou moins long, il ne l'entend pas : c'est tantôt comme si son propre mouvement intérieur s'était bloqué, ou ses associations personnelles arrêtées, tantôt comme si son insight s'était provisoirement éteint.
Que faire ? Se rappelant sans doute le principe de Claude Bernard, cité dans L'interprétation des rêves : il faut « travailler comme une bête », un de nos collègues disait un jour : « Le psychanalyste a le devoir de fantasmer… » Certes, cette intention est fort louable mais à ne point fantasmer sur commande, on est bien obligé, le plus souvent, d'attendre : attendre la suite des associations du patient, le récit d'un rêve et la survenue chez l'analyste lui-même d'un rêve ou de quelque