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Nous nous proposons de faire quelques remarques sur l'étiologie des inhibitions intellectuelles spécifiquement féminines.
Mme Flagey, dans son rapport, nous a clairement montré l'importance d'un narcissisme sain et suffisamment libre pour assurer un fonctionnement intellectuel adéquat. Comme premier point, nous aimerions apporter quelques réflexions concernant l'évolution du narcissisme chez la femme.
Les stades préobjectaux, le rôle du narcissisme primaire et les débuts de la formation du Moi seront sensiblement les mêmes pour la fille que pour le garçon. Soulignons cependant au passage que l'investissement narcissique du nouveau-né par sa mère, dont dé nombreux auteurs ont reconnu l'importance, peut être très différent selon le sexe du nouveau-né. Freud lui-même a souligné le caractère exceptionnel de la relation entre une mère et son enfant mâle (Malaise dans la civilisation, p. 52). Il est évident qu'une maman, pour qui la naissance d'un fils représente enfin une compensation de sa castration, comble sa blessure narcissique, lui procure le pénis tant convoité, n'investira narcissiquement pas de manière identique une fille ou un garçon. Nous pensons que cet aspect compensatoire pour la mère doit intervenir dans la qualité de son comportement en tant que mère-environnement, dont parle Winnicott, et donc avoir une influence sur l'élaboration des capacités de réparation par l'enfant.
Lorsque nous suivons l'évolution du bébé qui prend conscience de la réalité et doit ainsi mettre fin au vécu de la toute-puissance narcissique, nous savons qu'il en résulte ce qu'on appelle généralement la blessure narcissique, qui sera ravivée par les craintes de castration aux différentes étapes du développement libidinal et au cours de l'évolution de la relation objectale. Cette blessure narcissique, si douloureuse pour le Moi, mobilise des mécanismes de défense. D'après Grunberger, l'enfant aura recours à un mouvement défensif doublé : d'une part il