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Si notre formation et notre expérience psychanalytiques ont amené la psychologue que nous étions à remanier profondément nos critères d'investigation et de compréhension du psychisme humain, notre intérêt pour les processus de pensée n'a jamais disparu, mais il a évolué avec nous, et c'est l'une de nos satisfactions que d'observer les remaniements fonctionnels rendus possibles chez nos patients, grâce à l'analyse, au niveau des rapports qu'entretient le Moi, tant avec le corps qu'avec la pensée et la créativité. En effet, dans le creuset de la relation analytique, ce sont bien des significations dont nous nous occupons, jour après jour, séance après séance : projetées, clivées, déniées, oblitérées ou obsédantes, caricaturales ou nuancées, perverties, distordues, terrifiantes, érotiques, meurtrières, voire sans nom ni figurabilité, mouvantes, contradictoires, condensées, oniriques, ces significations qui constituent le monde psychique interne de nos patients, nous nous devons — et nous leur devons — de les recevoir, de nous les re-signifier en utilisant, pour ce faire, notre propre monde interne de significations et, dans la mesure de notre possible et de celui de nos patients, de les leur restituer sous des formes plus tolérables parce que « détoxiquées », mieux articulées avec la réalité, qui permettront à leur Moi de les mieux intégrer dans un sens de plus grand développement de leurs capacités créatrices, capacités qui, à notre sens, sont encore davantage que le rire, le propre de l'Homme.
Cette dialectique continue des significations — celles que nous imposent nos patients et celles que nous leur proposons — ne peut se développer ni s'échapper du cercle vicieux de la seule répétition pour atteindre, au travers de la remémoration, l'élaboration véritable, que dans la relation transférentielle — transfert et contre-transfert —, elle-même répétition, remémoration et élaboration des relations objectales vécues antérieurement par le patient. C'est pourquoi l'image d'u