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Nous avons eu la possibilité d'étudier longuement une population d'enfants d'intelligence normale qui présentent, à l'âge de 9 à n ans, un retard exceptionnellement grave ou une véritable incapacité d'apprentissage de la lecture, de l'écriture, de l'orthographe et des mécanismes du calcul. Si les tableaux cliniques révèlent les organisations psychopathologiques les plus diverses, depuis les troubles caractériels et névrotiques banals ou marqués jusqu'aux dysharmonies d'évolution plus ou moins sévères, mais sans noyau psychotique apparent, on retrouve cependant concomitamment chez la quasi-totalité d'entre eux :
Des situations particulièrement dramatiques, repérées dans l'anam-nèse, soit immédiatement après la naissance, soit au cours de la première année ;
Des conflits prégénitaux massifs, la problématique œdipienne, apparemment atteinte, demeurant très superficielle, alors que la relation avec l'image maternelle est vécue sur un mode d'angoisse plus ou moins paranoïde, avec introjection et projection des objets partiels clivés ;
Des troubles sévères de la structuration temporelle et spatiale, de la latéralité, du schéma corporel, aussi bien dans le corps vécu que dans le corps représenté, ainsi qu'une immaturité motrice avec retard fréquent de l'apparition du langage.
Nous avons en outre été frappé, au cours de l'analyse de certains adultes, par la relation entre un déficit dans l'intégration et l'utilisation du corps, perturbant les possibilités de nouveaux apprentissages à son niveau, et une angoisse très archaïque liée à des expériences catastrophiques au stade narcissique primaire.
L'étude de ces deux groupes de cas devrait permettre de saisir, de façon privilégiée, non seulement la relation fondamentale entre