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Une de nos patientes, dont l'inhibition porte sur les possibilités d'abstraction, d'intégration intellectuelle et de création littéraire, nous rapporte le fantasme suivant :
Son inhibition disparaîtrait en cas d'une maladie mortelle et, plus précisément, d'un cancer du sein. Il lui deviendrait, seulement alors, possible d'écrire, avec aisance, un roman dont le sujet, tout trouvé, serait celui de ses réactions à cette production monstrueuse de sa propre glande mammaire.
La conception d'une œuvre personnelle se trouve, là, liée à l'idée d'une tumeur envahissante, l'inhibition relative la protégeant seule de la maladie destructrice.
Associant sur cette tumeur, elle évoquera :
— un pénis violacé ;
— puis un rêve ancien où elle assistait, de loin et cachée, à un repas au cours duquel « le châtelain et la châtelaine mangeaient des têtes d'enfants dans une grande soupière » ;
— la possession d'un sexe féminin qui ne peut être fantasmé que monstrueux, ou d'un pénis paternel inquiétant, « violacé de colère », mais de ce fait atteint de dégénérescence et en voie de nécrose ;
— et, encore, un acte sexuel, dévoration, et naissance d'un enfant incestueux, elle-même n'étant plus spectatrice, mais reine, femme et mère.
Quant au sein, il lui évoquera :