You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
— Le charme discret de la bourgeoisie, film de Luis Bunuel.
— Pour une psychanalyse de l'art et de la créativité, de Janine Chasseguet-Smirgel (1).
Ne serions-nous, avec la psychanalyse, qu'à la recherche d'un texte perdu ? Du premier texte pulsionnel, fondant après coup son origine et se retournant inlassablement sur elle ? sur sa source ?
Comment passe-t-on du fait sexuel brut à la décision de création, à la créativité ? — à la capacité qu'a l'homme de tisser (c'est là le texte) et encore de l'humain et plus encore de ce qui ne lui appartient plus, lui ayant pourtant à un moment, un temps, appartenu.
Freud pensait fortement la culture comme étant au-dessus de l'humanité (cf. Malaise dans la civilisation). Au-dessus ne veut pas dire « séparé de », mais bien ne dépendant pas de la « volonté » de l'humain. L'humain n'est ni la chose première ni la chose dernière mais la culture traverse les catégories de l'humain, c'est une transcatégorie, une transcendance, et on peut dire et penser transcendance, sans Dieu, sans illusion religieuse.
La psychanalyse n'est ni un humanisme ni un anti-humanisme (ce qui revient au même). Dire un homme seul, isolé, une « conscience », n'a pas plus de sens pour elle que de dire une collectivité (une idéologie),
Freud s'est abîmé à montrer cela : Janine Chasseguet le rappelle avec force. Elle a raison. Dire un individu c'est toujours déjà dire plusieurs, dire une collectivité c'est toujours déjà dire un individu. Le principe de division et de non-division (un in-dividu) sont inclus en même temps par la démarche psychanalytique.
L'épopée humaine conjure — tente de conjurer — les forces inconscientes autour de syntaxes, d'articulations complexuelles telles essentiellement que le parricide, l'inceste, le cannibalisme — il faudrait ajouter le matricide que Freud n'a pas séparé du complexe incestueux,