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Le livre part d'un postulat : la démocratie parlementaire serait le régime politique qui garantirait à ses membres la plus grande part de liberté individuelle ; partant, la liberté étant le plus grand des biens, comment sauver la démocratie ?
Les auteurs définissent leur projet comme un travail de socio-psychanalyse engagé dans une croisade politique et morale.
Quant au terrain de l'étude, il s'agit de la République fédérale allemande.
Le sujet proprement dit : les avatars de l'idéal démocratique dans ce pays pendant et après le nazisme.
Examinons la thèse des auteurs. La psychologie collective des Allemands aurait été dominée sinon déterminée par la rencontre entre leur « Idéal du Moi » qui aurait été particulièrement narcissique et prégénital et le système nazi incarné par le Führer qui en constituait la projection historique.
La défusion forcée en 1945 de ce système projectif aurait dû logiquement entraîner une énorme dépression collective se traduisant par une douleur, contrepartie d'un remords intense.
Force est aux auteurs de remarquer que rien de tel n'a pu s'observer, mais au contraire un spectaculaire redressement économique. Examinons avec eux la signification qu'ils attribuent à ce phénomène.
Leur point de départ est résolument critique : « Il s'agit de faire le point sur l'irréalisme du comportement allemand », et partant de leur « incapacité à porter le deuil », ce qui inclurait une certaine incapacité à aimer. Nous pourrions certes objecter que critiquer des fantasmes au nom du réalisme, c'est évidemment supprimer bien des problèmes ; d'où notre surprise devant l'objet avoué de ce travail présenté « comme une mise au point afin d'augmenter les chances de l'Allemand courtois » mais un tel courage défie l'ironie.
Analysons donc avec eux la suite du livre.
Le soubassement inconscient de l'idéologie nazie serait une « morale rigide et intolérante », contrepartie d'un débordement du Moi collectif (pris ici comme instance) par des pulsions sadiques et masochistes par