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«Et ce que j'écris est aussi une cérémonie, tournoiement d'une parole qui apparaît et disparaît en ses girations. Je bâtis des beffrois de vent.»
Octavio paz.
Quand, d'aventure, on remplace, dans n'importe quelle école primaire, la traditionnelle rédaction à thème imposé, par une narration à sujet libre, on s'étonne de constater combien de poètes, de nouvellistes et même de romanciers en herbe cette classe contient — au sens de contenir mais aussi de contention. De telles expériences sont soigneusement colligées dans les musées pédagogiques, et les documents établissant la proportion des enfants doués en rapport avec les conditions du milieu sont ventilés au ministère des Affaires sociales. C'est ainsi que les choses réstent en ordre, ce qui permet sans doute à chacun de faire son métier et, en particulier, aux écrivains de faire de la littérature.
On rencontre parfois des circonstances favorables à l'écriture: murs d'universités ou de prisons, mais elles sont rares et si l'on a été mal élevé, on se contente de ceux des cabinets publics ou des monuments historiques. De fait, à part un éventuel journal intime à l'adolescence, quelques poèmes et autant de lettres d'amour, on n'a plus l'occasion d'écrire: on manie le stylo-bille pour des écrits fonctionnels et administratifs mais on n'écrit pas.
Pour sommaires et tristes qu'elles soient, ces constatations ne sembleraient concerner que très indirectement la psychanalyse si on ne remarquait pas que celle-ci est, tout à la fois, le lieu, le prétexte et l'inspiratrice de nombreux écrits. Mais avant de désigner notre sujet, un tri préalable s'impose, à propos de ces écrits, entre ce qui est discours psychanalytique de la culture, et ce qui est production directe de et dans la psychanalyse.
Mondain ou terroriste, un discours qui se dit psychanalytique s'avance, projetant potentiellement les catégories, par définition, universelles, qu'il pose; la culture occidentale de notre siècle s'y cherche