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Lors d'une expérience d'une année à l'hôpital Notre-Dame de Montréal, dans un service d'hémodialyse et de greffe rénale, nous avons pu réaliser un travail dont nous voulons présenter les faits les plus saillants. En introduction, nous brosserons un tableau avec quelques traits caractéristiques du vécu de la greffe, puis nous envisagerons la méthodologie et les buts de notre investigation. Dans une deuxième partie, nous ferons part de nos résultats.
La greffe est une aventure toute particulière, à y regarder avec l'œil neuf qui était le nôtre au début: obligeant la confrontation avec la mort, amenant la régression par l'imposition de règles rigides de diète, d'horaires de traitement et de l'intensification des liens familiaux. D'autre part cette aventure comporte certains paradoxes, paradoxes auxquels se confronte le malade et sur lesquels il est bon de nous arrêter un instant: l'opposition entre les troubles mineurs qui amènent le patient à sa première consultation et le traitement radical qui lui est proposé en conséquence; l'opposition entre des phases soudaines que sont l'hospitalisation et l'intervention de greffe et des phases longues et même prolongées que sont l'attente de la greffe et la période postgreffe; les déplacements forcés dans l'hôpital de service en service et d'un lit dans un autre. Enfin, il est une égalité qu'il lui est difficile de concevoir au premier abord: qu'un rein en égale deux.
Ainsi cette aventure est stressante, désorganisante et régressante; elle est par contre l'expérience d'un échange et d'une mort évitée. Certains patients en retirent bénéfice, d'autres en sortent traumatisés. Différents auteurs, tels que Kemph, Eisendrath, ont décrit certains troubles psychiatriques que les patients peuvent présenter: apathie, écarts de régime, conversions, dépressions…; Engel, pour sa part, a décrit dans un autre contexte le giving-up-given-up complex (syndrome de délaissement-désespoir). Nous avons pu retrouver des troubles semblables chez nos pa