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Dans Ma gratitude envers Freud (2), qu'elle publia en 1931 à l'occasion du 75e anniversaire de Freud, Lou Andréas lui rappelle une conversation de 1912 où ils avaient l'un et l'autre reconnu que «même dans les attitudes conceptuelles semblables, les choses persistent à travers un tempérament». Elle définit ainsi sa position par rapport à Freud, puisque, bien qu'intégrant au fur et à mesure les découvertes freudiennes, elle y met la marque de son tempérament féminin. Elle n'a pas hésité à discuter, à commenter, à exprimer des idées originales, et c'est pourquoi le dialogue Freud -Lou Andréas nous présente certains aspects de la différence des sexes, avec ce que le destin anatomique peut induire, non du point de vue des fantasmes inconscients communs aux deux sexes, mais du point de vue de leur économie et de leur dynamique chez l'homme et chez la femme.
On sait qu'avant leur rencontre, tournant décisif dans la vie de Lou Andréas, au Congrès de Weimar en 1911 (Lou avait 50 ans et Freud 55), elle avait publié Erotisme (3) dans lequel elle considère l'amour sexuel comme un besoin physique semblable à la faim et à la soif, associé à tous les processus corporels, y compris aux rêves, mais que, chez l'être humain, ce besoin se combine à des processus mentaux qui aboutissent à une idéalisation et à la recherche de la permanence. Cette recherche de permanence entre en conflit avec l'amour physique qui, comme tout instinct, réclame la nouveauté. Elle décrivait déjà ainsi le conflit entre la satisfaction pulsionnelle et la relation d'objet permanente, conflit dont elle recherchera constamment la solution, avec le sentiment que la femme est mieux placée que l'homme à cet égard. La solution qu'elle préconisait alors, et qu'elle a réalisée dans sa propre vie, était une double