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Succomber au charme de Lou semble avoir été la destinée de tous les hommes qui l'approchaient, son intelligence et sa beauté bouleversaient ceux qui l'aimaient, mais celui qui lui écrit le 13 juillet 1917: «Il est tout à fait indéniable que vous prenez chaque fois de l'avance sur moi et que vous me complétez, que vous vous efforcez, à la façon d'une visionnaire, de compléter mes écrits fragmentaires pour en faire une construction», et plus loin: «Si je dois un jour être amené à poursuivre l'édification de ma théorie, vous reconnaîtrez peut-être avec satisfaction quelques innovations que vous aviez pressenties ou même annoncées depuis longtemps», c'est le fondateur de la psychanalyse. Et derrière la galanterie du propos perce l'intuition de l'intelligence quasi prophétique de Lou Salomé.
Dans une lettre du 15 juillet 1915, Lou qui remercie Freud de l'envoi de deux tirés à part (Pulsions et destin des pulsions et Considérations actuelles sur la vie et la mort), lui annonce avec quelque inquiétude l'envoi de «ce long travail» dont elle l'a entretenu l'été précédent et qui s'intitule Anal et sexuel, «mais peut-être qu'avec le temps il a un peu vieilli». Quinze jours plus tard, Freud la rassure dans sa réponse: «Je suis émerveillé par votre talent d'aller au-delà de ce qui a été dit, de le compléter et le faire converger vers un point éloigné.» Il rend hommage à son esprit de synthèse tout en se disant plus enclin lui-même à l'esprit d'analyse. «Je lirai très volontiers Anal et sexuel et si nos périodiques peuvent encore se maintenir en vie, j'en hâterai l'impression.» Et une lettre très belle et très poétique du 25 mai 1916 se termine par: «J'ai reçu aujourd'hui les premiers placards de votre Anal et sexuel.»
Dès le 1er août 1915 d'ailleurs, il avait annoncé à Abraham son attente de cet essai; le 22 juillet 1916 il lui dit encore: «Lou continue à écrire les lettres les plus charmantes et les plus judicieuses qui soient.»
Cette rude période 1914-1916 est aussi celle d'un bo