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«Et si je crie, qui, parmi les cohortes célestes, m'entendra? Et même si tout à coup l'un des anges me serrait sur son cœur, je m'évanouirais dans la forte étreinte de cette existence plus puissante.»
(rilke, Duineser Elegien).
Les observations que j'ai eu l'occasion de faire au cours de l'analyse d'un petit garçon de quatre ans m'ont amenée à une formule théorique qui complète le concept de Winnicott présenté dans son essai L'utilisation d'un objet et ses rapports à travers les identifications (1971).
Dans cet essai, Winnicott fondait sa thèse sur l'idée que, pour utiliser un objet, le sujet doit avoir acquis la possibilité d'utiliser les objets. Je désire compléter cet énoncé par l'hypothèse suivante: quand le sujet a acquis la possibilité d'utiliser un objet, il est capable aussi d'utiliser le sujet. Ceci ne doit pas se passer obligatoirement, mais le sujet en a la possibilité.
Il me semble que les réflexions que j'ai l'intention d'énoncer dans cet article sont contenues implicitement dans les écrits de Winnicott. La seule contribution que je puisse apporter est de rassembler les allusions dispersées dans l'œuvre de Winnicott en un concept théorique et d'y ajouter quelques réflexions personnelles.
Comme la citation sus-mentionnée est à la base de mes observations, je vais commencer par préciser le concept que Winnicott dénomme «utilisation de l'objet».
Winnicott fait une différence entre «relation d'objet» et «utilisation de l'objet». Son concept d' «utilisation de l'objet» est nouveau tandis que les définitions de «relation d'objet» ont été exposées dans une œuvre antérieure (1962-1963).
Selon Winnicott, un «milieu favorable» apporte des changements à la nature de l'objet au cours de la maturation psychique «car l'objet se modifie et devient perception objective, au fur et à mesure que l'enfant abandonne progressivement le domaine de l'expérience vitale de l'omnipotence» (1963).
Il relie donc l'objet vécu comme une réalité subjective à la période d'omnipo