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Parmi tous les ouvrages consacrés à Sigmund Freud, le Journal de mon analyse avec Freud (1) de Smiley Blanton mérite une place à part. En quelque cent vingt pages, l'auteur trace un portrait d'une remarquable justesse de Freud au soir de sa vie. Le témoignage de Smiley Blanton est, par ailleurs, tout à fait exceptionnel, puisque avec Hilda Doolittle (2), il fut l'un des rares patients de Freud à avoir tenu le journal de son analyse.
Ce journal ne fut pas publié du vivant de Smiley Blanton; il souhaitait, en effet, le développer et l'utiliser dans une monographie consacrée à la technique de Freud. Pour des raisons que nous ignorons, mais qui, selon son épouse, tiennent à sa répugnance à livrer quoi que ce soit d'intime le concernant, ce manuscrit de Smiley Blanton ne fut retrouvé qu'à sa mort; il était alors âgé de 84 ans. Son épouse, consciente de l'intérêt exceptionnel que présentait ce témoignage, décida donc de le publier, non sans avoir auparavant rédigé quelques notes explicatives.
Smiley Blanton rencontra Freud à quatre reprises: de septembre 1929 à juin 1930 d'abord, puis successivement durant les étés 1935, 1937 et 1938 pour des «tranches d'analyse» d'une durée de trois semaines. Son épouse, par ailleurs, était en traitement chez Ruth Mack Brunswick.
La figure de Freud dans ce document à la fois émouvant et d'une lecture agréable, évoque celle d'un vieux Sage, sceptique et bon, aidant un disciple à trouver son chemin et le mettant en garde contre ce «péché capital» qu'est en analyse (et dans la vie) le «volontarisme».
«Quand une personne me dit quelque chose, explique Freud à Smiley Blanton, moi-même je n'essaye pas d'en trouver immédiatement les raisons. Je sais qu'avec le temps, celles-ci apparaîtront. C'est Olivier Cromwell, je crois, qui disait: «On ne va jamais si loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va; c'est comme ça en analyse.»
A une autre occasion, Freud confie à Smiley Blanton qu'il le juge trop anxieux à l'égard de ses patients: «Il faut les laisser