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Les yeux révulsés de Lyse Théry se détournaient du maître dont elle avait fait entendre la voix.
L'aspect subversif de l'inconscient ne manque pas d'imprimer sa marque dans le rêve: la froideur de Dora devant M. K…, au cours de la scène au bord du lac, contraste avec la flamme qui la consume en rêve. Et si dans le cabinet de Freud il n'y a pas non plus de fumée sans feu, Dora ne mettra pas moins fin au transfert après un préavis de quinze jours. Elle se conduisait en l'occurrence comme la jeune fille au service de M. K… qui avait quitté son maître après avoir accepté ses avances et n'avoir été traitée par la suite qu'avec froideur. Ce sont les mêmes mots adressés à la gouvernante puis à Dora «je n'obtiens rien de ma femme» qui avaient attiré à M. K… la gifle de Dora. Qu'elle fût traitée comme une servante. Mais en refusant la servitude elle n'en demeurait pas moins fascinée.
Dora quitte Freud au moment où ce dernier est tout près d'obtenir la satisfaction qu'il attend: la terminaison avec succès d'une analyse (2).
Mais en refusant au Maître le succès immédiat dont il pourrait se prévaloir auprès de ses collègues et dans un monde scientifique où elle resterait étrangère, Dora ennoblit sa condition et devient l'Egérie pour toute une série de développements de la pensée psychanalytique, qui va de l'élaboration du transfert à la division du sujet. En comprenant ce qui est au principe de la «frustration» en analyse, à savoir les formations substitutives que mettra en jeu le désir inconscient, et cela pour le psychanalyste lui-même, Dora prend le parti de lier son destin à celui de Freud, dût-elle payer des servitudes de son corps souffrant