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Au cours de cet exposé je voudrais tenter de montrer comment chez Dora toute une série de représentations liées à la phase anale du développement libidinal ont fait l'objet du refoulement, ou encore comment certaines fonctions habituellement acquises au cours de la phase anale n'ont pas pu être intégrées.
Il semble à première vue que Dora ait abordé assez aisément la phase œdipienne. Freud la décrit comme une jeune fille intelligente et accomplie. En réalité, une part importante de l'énergie libidinale paraît avoir été très tôt mobilisée par la rivalité œdipienne, privant celle-ci de l'apport structurant constitué par la maîtrise anale de l'objet.
Si l'on veut définir les fonctions acquises au cours de la phase anale, il semble en effet qu'il faudrait parler avant tout d'autonomie obtenue par rapport à l'objet. C'est à ce stade qu'est décrite la scission de l'objet en deux parties, bonne et mauvaise, avec projection à l'extérieur du mauvais objet, et récupération narcissique du sujet. Ainsi s'opérerait une intégration de la maîtrise des pulsions sur l'objet, ce qui permet d'asservir ce dernier à ses besoins. L'introduction avec l'objet d'une distance qui le délimite permet aussi de créer un certain rapport de dépendance par rapport à lui.
Dora ne donne pas l'impression d'avoir pu établir une telle distance avec l'autre. L'agressivité constitue sans doute une source d'angoisse trop importante et lorsque surgit une situation conflictuelle qui la mobilise, elle n'a comme ressource que la fuite ou le refoulement. Autrement dit, le manque d'intégration de la composante sadique anale de la libido laisse Dora, sur le plan du désir œdipien, en proie à une angoisse de castration qui serait liée à une angoisse plus primitive de la phase orale et empêcherait que son désir soit médiatisé par l'aménagement du conflit qu'il suscite, la temporisation de la réponse instinctuelle en une certaine maîtrise de son rapport à l'objet de son désir. Cette impossibilité de manipulation de l'au