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Il est classique de considérer davantage l'hystérie sous l'angle des identifications secondaires et des pulsions érotiques, que sous celui des avatars des pulsions agressives. L'expérience clinique montre, cependant, qu'aussi bruyantes que soient les manifestations d'Eros chez l'hystérique, ce sont finalement les pulsions agressives qui font la difficulté de la relation analytique et déterminent son issue. Freud nous le montre clairement dans l'histoire de Dora et nous incite ainsi à nous demander quels types de pulsions agressives sont ici en cause.
Melanie Klein et divers auteurs, après elle, rompant avec la conception classique d'une hystérie conçue comme névrose œdipienne et génitale dont «la plupart des symptômes expriment une situation rêvée de la vie sexuelle: scène de rapports sexuels, grossesse, accouchement, période des couches, etc.» (Freud, Dora, Cinq psychanalyses, P.U.F., p. 76), développent la conception d'une hystérie orale marquée de fantasmes sadiques prégénitaux. Mais la notion de sadisme englobe, chez les kleiniens comme chez beaucoup d'auteurs, toutes les pulsions agressives, sans distinction de celles (sadisme ou masochisme) qui comportent un élément de jouissance sexuelle, de celles qui doivent être considérées comme d'essence non-sexuelle (1).
Il nous est apparu nécessaire de distinguer la haine du sadisme, pour rendre compte de l'agressivité de l'hystérique et de la structure même de sa personnalité. C'est à cette haine que nous rattachons, en particulier, le conflit oral que nombre d'auteurs décrivent dans l'hystérie, mais qui nous paraît moins répondre à une régression libidinale qu'à une certaine organisation du Moi hystérique marqué par sa trop forte propension à l'identification.
Tant sur le plan métapsychologique que sur le plan clinique, nous