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La transposition d'une représentation inconsciente dans une manifestation corporelle demeure-t-elle toujours pour nous un saut mystérieux? Nous avons, certes, une meilleure connaissance des diverses formes cliniques que peuvent revêtir, non seulement les déplacements psychosomatiques au sens large, mais les transpositions symboliques qui définissent la conversion hystérique. Mais nous étudions surtout ces mécanismes à travers la relation thérapeutique: poursuivant la démarche première de Freud, nous les comprenons souvent au moment où l'investigation clinique en permet la résolution. Il arrive toutefois qu'au cours d'une cure, au cours d'une séance même, l'apparition d'un symptôme corporel nous fait voir directement le processus de formation du symptôme. A la condition qu'un matériel suffisant nous permette de dégager les composantes inconscientes du mécanisme. C'est, semble-t-il, exceptionnellement que dans de telles circonstances nous assistons à la production d'un symptôme hystérique indiscutable.
Il y a huit ans environ l'occasion m'a été donnée d'observer la survenue d'un tel symptôme en cours d'analyse. Ultérieurement un intéiêt croissant porté à l'étude des mécanismes de transposition psychosomatique m'a incité à noter certains détails de cette observation. La lecture d'un article de I. Schiffer, consacré à l'observation d'un mécanisme hystérique en cours d'analyse, soulignant a contrario la rareté des publications consacrées à ce sujet, m'a incité à en faire état et à tenter de préciser, à cette occasion, certains aspects du mécanisme de la conversion hystérique.
Aline a une trentaine d'années quand elle vient me consulter. Célibataire, elle est cadre dans une administration. Elle est venue