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«… de tous les sujets étudiés par la psychanalyse, c'est celui qui nous semble avoir la plus grande importance, vu les magnifiques perspectives qu'il offre pour l'avenir. Je veux parler de l'application de la psychanalyse à la pédagogie, à l'éducation de la génération à venir.»
(S. Freud, Nouvelles Conférences, 1932, VIe Conférence: «Eclaircissements, Applications, Orientations».)
Ce titre est celui d'un chapitre d'un ouvrage à paraître: A l'école d'Œdipe ou Une école pour Œdipe.
En guise d'introduction, citons quelques-unes des hypothèses qui ressortent d'un long développement clinique sur l'adolescence:
… Nous pensons, quant à nous, que l'adolescence tient précisément sa spécificité de ce qu'elle n'est pas un stade mais un intervalle — d'étendue variable — entre deux stades: latence et maturité. Plus que les stades eux-mêmes, dont la définition par la modalité de relation d'objet rend le cloisonnement utopique, l'intervalle de l'adolescence se définit précisément par sa mobilité (1) intrinsèque. Elle est, sur le thème du complexe d'Œdipe, de son retour et de son déclin, une variation dont l'intensité et la durée se modifient selon les caractéristiques de l'histoire personnelle et les conditions de l'environnement. Cette variation variable, si l'on ose dire, est la constante dynamique de l'adolescence. Elle se présente comme un échange plus ou moins dramatique entre une question posée et la ou les réponses qui peuvent lui être données. La question touche à l'identité (2) du sujet, la réponse à l'exigence d'un achèvement; la dialectique question-réponse constitue le noyau spécifique de l'adolescence; elle en est cette variation même autour
(1) Cf. Male, Etude psychanalytique de l'adolescence, in Psychanalyse d'aujourd'hui, Presses Universitaires de France, 1956.
(2) C'est la modification de l'image du corps en tant que rappel du trauma narcissique de l'inachèvement qui remet en cause l'identité du sujet. Cf. Erikson, Enfance et société.
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