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Naturellement, avant notre réunion (1), j'ai senti le besoin de préciser mes souvenirs. Qu'avait écrit Freud de l'humour? Mais j'ai rencontré chemin faisant cette remarque de Strachey que l'humour n'existe à peu près pas en anglais, que les Anglais ont le sens de l'humour mais pas d'humour, et que l'humour de Freud n'est que celui de… Freud.
De quoi allions-nous donc vraiment parler? J'ai feuilleté le Petit Robert après le Concise Oxford Dictionary. J'ai noté soigneusement les contraires. C'est, me semble-t-il, mettre en évidence l'aspect conflictuel, dynamique du langage. J'ai choisi parmi les définitions souvent multiples celles qui me semblaient intéressantes, c'est-à-dire ouvrant des perspectives nouvelles, je veux dire économiques (plaisir) ou même topographiques (non conscience d'une signification historique).
Le Concise Oxford m'a appris que l'humour était: 1) un état d'esprit, une inclination, que c'était aussi le sens du comique, du facétieux, et la faculté de le percevoir; 2) une forme d'imagination enjouée (jocose) moins intellectuelle et plus sympathique que l'esprit (wit); 3) les humeurs liquides du corps. Notons donc que, pour la langue anglaise, l'humour est une disposition, une humeur, une «thymie», liée primitivement à un état corporel.
Le Petit Robert oppose humour à sérieux. C'est une forme d'esprit qui consiste à présenter la réalité de manière à en dégager les aspects plaisants et insolites. Il renvoie à fantaisie et plaisanterie.
Si nous recherchons ces mots nous trouvons un certain nombre d'opposés assez suggestifs.
Fantaisie par exemple s'oppose à raison et renvoie à imagination (2),