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D'un point de vue psychanalytique l'humour est un sujet qui nous a donné l'avantage précieux de le voir traiter à deux reprises par Freud à vingt ans d'intervalle. Ecrit en 1928, l'article sur l'humour se situe pratiquement à une époque où les grandes découvertes sont faites, alors que Le mot d'esprit dans ses rapports avec l'inconscient (1905) est écrit dans la foulée, pourrait-on dire, de L'interprétation des rêves.
Freud, par une série d'exemples, montre comment le mot d'esprit se construit avec les mêmes procédés que ceux utilisés par le travail du rêve, mais, souligne-t-il alors, le mot d'esprit est social et il rappelle l'assertion de Shakespeare selon laquelle l'effet du mot d'esprit dépend plus de l'oreille qui l'écoute que de la langue qui le fait. Le rêve est, lui, antisocial et totalement égocentrique, risquant la destruction s'il est compris. Si le rêve se construit dans un refus partiel de la régression exigée par le désir de dormir du Moi, au sein en quelque sorte de la conjoncture narcissique que cherche à créer ce désir, le mot d'esprit fuse quant à lui au sein du sérieux de la vie vigile, sérieux qui n'est pas le fait de la nécessité.
Dès 1905, Freud signale l'influence de ce sérieux de la culture sur la psyché humaine. «… Nous attribuons à la culture et à la bonne éducation une grande influence sur le développement du refoulement et nous admettons que dans ces conditions l'organisation psychique subit une transformation qui se transmet d'ailleurs, parfois léguée sous la forme d'une disposition héréditaire, transformation qui nous rend inacceptable ce que nous ressentions comme agréable et que nous repoussons désormais de toutes les forces de notre psychisme. Le travail de refoulement de la culture annihile en nous des formes primitives de jouissance répudiées à présent par la censure. Le renoncement est cependant terriblement dur à l'âme humaine. Or l'esprit tendancieux permet de neutraliser ce refoulement et de retrouver ce bien perdu» (1). Ce passa