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Dans cet ensemble de travaux consacrés à l'humour, il convient de rappeler d'abord que le comique est entendu par notre auteur dans son acception la plus large: est comique par définition ce qui provoque le rire, sans exclure pour autant l'humour dont le plaisir s'exprime plutôt par le sourire.
Nous savons depuis Freud que le plaisir du mot d'esprit provient d'une économie de l'inhibition, celui suscité par le comique, d'une économie de la pensée, et que le plaisir dû à l'humour est la conséquence d'une économie émotionnelle. Mais pourquoi certaines «épargnes d'énergies» produisent-elles un effet comique, humoristique ou spirituel et d'autres pas? Kris tente de répondre — et, en cela complète, sur ce point, la théorie freudienne — en définissant cette différence qualitative, responsable du plaisir comique, par la soudaineté de la décharge.
Mais, si l'on considère la date de cet article, son originalité réside essentiellement dans ce qui annonce les travaux d'Hartmann sur La psychologie du Moi et son développement.
La constatation d'un ajustement insuffisant ou sans succès à la réalité provoque l'effet comique que nous percevons chez autrui ou dans telle situation: un sentiment de supériorité peut alors s'emparer de nous, à la vue d'un manque chez l'autre. Mais qu'est-ce qui fait que dans certaines conditions nous ne réagissons pas, le comique restant ainsi sans effet? Une préoccupation ou une attention détournée peut en être la cause; le trouble réside au niveau du Moi dont l'activité préconsciente et automatique se trouve perturbée par l'attention consciente: c'est l'exemple, cité par Freud, du professeur de danse qui ne s'amuse pas de la maladresse de ses élèves; ou encore, d'une institutrice, patiente de Kris, qui ne pouvait, en aucun cas, rire de la «naïveté» d'un enfant: l'analyse montrait que cette inhibition, nullement volontaire, était associée à une situation particulièrement douloureuse de son enfance, lorsqu'elle se trouvait objet de moqueries; par la suite,