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Avant de poursuivre dans le réel le dialogue imaginaire commencé avec vous lors de la rédaction du travail qui vous a été soumis, je voudrais que vous me permettiez, Madame la Présidente, Monsieur le Secrétaire du Congrès, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, de retenir votre attention un moment afin de vous remettre en mémoire les quelques hypothèses que j'ai avancées dans mon essai. «La maladie d'idéalité» est universellement répandue: si nous n'en mourons pas tous, nous en sommes tous frappés. Et une étude sur l'Idéal du Moi conduit à une réflexion sur l'homme, en général.
Aussi pourrait-on s'étonner de voir ce travail commencer par un examen des rapports entre l'Idéal du Moi et la perversion. En fait, il m'est apparu que ce point de départ permettrait de mieux comprendre ce qu'est l'Idéal du Moi dans un développement qui n'a pas été entravé par certains facteurs parvenant à le dévoyer au sens littéral du terme, et je crois que sous cet angle mon essai peut être considéré comme un complément au Colloque de la Société psychanalytique de Paris sur la normalité. De plus l'examen des rapports de l'Idéal du Moi et de la perversion permet, à mon avis, de mieux comprendre tout à la fois la perversion elle-même et certaines affections psychiques qui présentent avec elle un noyau commun que j'ai tenté de dégager, noyau à l'œuvre dans des structures auxquelles nous avons de plus en plus souvent affaire.
Dans cette perspective mon travail tente d'apporter une contribution à l'étude de l'évolution de la pathologie.
En effet, s'il est fréquent, essentiellement depuis un article de Bertram Lewin, qui date de 1948 (1), d'assimiler l'appréhension de la réalité à celle de la différence des sexes et s'il est admis, je crois, aujourd'hui, c'est en tout cas là mon avis, qu'il faut compléter cette assertion par la reconnaissance de la différence de générations, ces deux points