You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le beau rapport de Janine Chasseguet-Smirgel est assez riche en vues théoriques et en analyses cliniques nouvelles pour qu'on n'éprouve aucune peine à continuer avec son auteur le dialogue auquel il invite. Afin de m'associer aux hommages qui ont été rendus à ce remarquable travail, je montrerai comment l'examen approfondi de l'une des notions qui s'y trouvent définies suggère, à mon avis, l'introduction dans la problématique de l'Idéal du Moi de considérations métapsychologiques et psychogénétiques quelque peu différentes de celles que mentionnent les approches classiques.
C'est du sentiment de honte que je m'occuperai.
Cet affect, qui appartient à la famille des formations réactionnelles, occupe une place privilégiée à l'égard de l'Idéal du Moi. Le Moi éprouve en effet la honte quand l'état de renforcement narcissique actuellement escompté, ou habituellement tiré, d'une conduite qui est sensée le rapprocher de son modèle idéal est brusquement décompensé, et que ce qui était appréhendé, et présenté aux autres, comme beau, noble, glorieux, est soudain révélé comme laid, infâme et dégradant. On peut donc dire que la honte exprime spécifiquement la manière dont le Moi supporte la dénonciation et l'échec de sa prétention à bénéficier de l'héritage de plénitude mégalomaniaque jadis déléguée à l'Idéal. Et comme une telle prétention définit elle-même le fond permanent des attentes du Moi à l'égard de cet Idéal, on peut aller jusqu'à considérer la honte comme un véritable paramètre quantitatif (intensité de la honte) et comme un indicateur qualitatif de la stabilité des rapports que le Moi entretient avec l'Idéal du Moi. C'est pourquoi ses modalités de production méritent une étude particulièrement attentive dans le cadre de ce Congrès.
Le rapporteur propose de la honte une interprétation dynamique originale, qui en atteint d'emblée l'essentiel. Il voit, en raccourci, dans ce sentiment le résultat du « retournement de l'exhibition phallique en exposition anale » (1). C'est ma