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Janine Chasseguet nous a donné un rapport stimulant, riche d'aperçus et qui nous comble souvent. Il est certain que la notion de maladie d'idéalité restera. C'est un concept qui « porte ». Cela ne veut pas dire que tout idéal soit une maladie. Faut-il dans la maladie d'idéalité mettre l'accent sur la séduction maternelle (par ailleurs impossible, ce qui achève de lui donner le caractère du faux) ou sur la différence des sexes refusée et l'angoisse de castration, les deux se complétant au point de n'être qu'une seule chose? Je ne peux entrer dans ce découpage du psychisme et je considère la maladie d'idéalité comme l'impossibilité pour un sujet donné de réaliser et de dépasser le mouvement œdipien dont un des rôles est de mettre en place la fonction de l'idéal.
Un travail aussi riche ne permet pas de l'épuiser en une lecture et je laisserai le soin à notre amie de dire si je l'ai bien perçue et quelle est notre différence. Disons que je ne serais certainement pas d'accord pour confondre des structures gravement pathologiques avec ce que je considère comme l'avancée extrême de l'évolution humaine — et d'un point de vue plus général pour penser que les lois du fonctionnement régressif puissent expliquer ce qui échappe au psychanalyste: le moment où l'homme dépasse son automatisme pour accéder à la création. Ce que nous appelons psychanalyse et qui nous a conduits à une théorie de la névrose et de la cure s'arrête là où le sujet, ayant tant bien que mal épuisé ses relations d'objet archaïques, les ayant intégrées, s'évade de la relation transférentielle pour récupérer une relative « liberté » dont les lois ne sont pas celles qui régissent les organisations marquant la fixation au passé. Si le psychisme inconscient demeure avec ses lois propres, ses rapports avec le Moi et le Je changent. Vouloir décrire cette évolution en termes de niveau de structuration précoce est une attitude réductrice que les psychanalystes (parfois S. Freud) ont trop souvent prise. Nous risquons d