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Mesdames, Messieurs,
Je vais être très bref. Mon intervention concerne deux points du rapport de Mme Chasseguet. Il s'agit d'une part de l'intérêt qu'elle porte à la recherche d'un noyau commun aux diverses entités nosologiques qui, des perversions aux toxicomanies, en passant par les troubles caractériels et psychopathiques, constituent ce qu'elle appelle la «maladie d'idéalité», et d'autre part la relation existante entre la sublimation et l'acte créateur.
En ce qui concerne le premier point, je me demande si nous ne trouvons pas dans le livre The Analysis of the Self de Heinz Kohut (London, The Hogart Press, 1971) et dans les derniers travaux de cet auteur sur le narcissisme, une piste qui donne une réponse à la question de Mme Chasseguet.
Pour Kohut, en effet, le noyau structural commun à la «maladie d'idéalité» — qu'il appelle perturbation narcissique de la personnalité — est un trouble spécifique du Soi et des objets archaïques investis de libido narcissique.
Cette spécificité les distingue nettement des psychoses et des névroses de transfert classiques.
Par rapport aux psychoses, les troubles narcissiques de la personnalité, dit-il, sont caractérisés par le fait que les patients les présentant sont parvenus à une image de Soi stabilisée et cohérente ainsi qu'à une cohésion des objets archaïques idéalisés. Ces objets ne sont plus partiels, mais totaux. Cependant, de même que les objets du psychotique, les objets des personnalités narcissiques conservent encore leur caractère fonctionnel, c'est-à-dire qu'ils sont nécessaires au maintien de l'estime du Soi du sujet. Par conséquent, chez ces derniers, le danger d'une fragmentation de leur Soi dans la régression est peu probable, mais pas impossible. Ce sont des sujets analysables, et leur transfert se manifeste par la réactivation thérapeutique, soit de l'idéalisation des imago parentales — vécues comme toutes-puissantes et auxquelles le sujet s'identifie pour maintenir son narcissisme primaire —, soit de la mégaloman