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Il est ici question d'Idéal du Moi — ici où, tous, nous avons une histoire psychanalytique.
Avant que nous ne fréquentions et les textes freudiens et le divan, le mot Idéal, pour chacun de nous, avait ses résonances d'enfance et d'adolescence.
L'attrait que le concept psychanalytique Idéal du Moi exerce reprend ces anciennes sources vives: il s'agit bien là d'un fantasme, non d'une instance, comme Mme Chasseguet nous l'a rappelé.
L'institution psychanalytique et les règles qu'elle sécrète font d'un rapport à un Congrès de Psychanalyse un exercice codifié; cependant, Mme Chasseguet nous offre un document de choix, où l'intérêt des lecteurs se soutient d'autant plus que ce qui affleure de l'Idéal du Moi de l'auteur, et que j'appellerai idéologie, s'y exprime, avec clarté, et tout particulièrement dans le chapitre IV: «L'Idéal du Moi et le groupe.» En lisant ce rapport, outre la fréquentation d'un travail fort intéressant et richement documenté, on accède à l'intérêt d'un texte où ce qui est histoire des fantasmes de l'auteur s'intrique intimement avec les schémas théoriques. Freud en a fait tout autant, quitte à prendre les plus féconds de ses fantasmes pour des réalités.
Freud crut quatre ans à la réalité traumatique de la séduction infantile dans l'étiologie des névroses; quand il eut découvert que tous les souvenirs sont écrans, qu'ils sont tous reconstruits, la réalité biographique et historique, comme dit Denise Braunschweig, fut renvoyée à l'infini…
La locution «en réalité» — je cite Denise Braunschweig dans l'introduction de son rapport sur Psyclianalyse et réalité — évoque une image répercutée à l'infini par des miroirs parallèles, une succession d'endroits et d'envers qui, si longue soit-elle, ne conjoint pourtant pas l'endroit avec l'envers.
Un très court poème dans un livre pour enfants:
«Quand elle était sage, elle était très belle;Quand elle était sotte, elle était très laide.»
Au-dessus de ces lignes, se trouve le dessin d'un double miroir en médaillon avec, d'u