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Le rapport de Mme Chasseguet-Smirgel m'est arrivé à un moment où, dans ma pratique, se posaient chez un malade des questions d'identité; je veux dire de reconnaissance par le sujet de ce qu'il croit être à la fois par rapport à lui-même et par référence à l'image idéale du groupe auquel il appartient.
Ce rapport, si riche dans son fond, si large dans ses applications, si rigoureux dans sa démarche, m'a infiniment apporté; mais au-delà de remerciements ou de félicitations qui demeureraient formels, je ferai plutôt part de ce que m'a suggéré ce rapport, compte tenu de ces préoccupations théoriques qui sont actuellement les miennes. Plus précisément, je ferai référence au chapitre IV de ce rapport où sont traitées les relations entre l'Idéal du Moi et le groupe. Le sous-titre qui pourrait être donné à ces réflexions ou questions comprendrait les trois termes suivants: «Illusion, Identité et Idéal du Moi».
Reprenons d'abord ce qui, dans le rapport de Mme Chasseguet-Smirgel, nous a plus particulièrement retenu. Il nous est dit de façon extrêmement claire que la différence essentielle entre l'Idéal du Moi et le Sur-Moi se caractérise par le fait suivant: «L'Idéal du Moi est l'héritier du narcissisme primaire, le Sur-Moi l'héritier du complexe d'Œdipe. Le premier constitue — à l'origine du moins — une tentative de récupération de la toute-puissance perdue. Le second, dans la perspective freudienne, est issu du complexe de castration. Le premier tend à restaurer l'illusion, le second à promouvoir la réalité» (p. 87).
Plus loin est précisé le rapport entre le père primitif et l'Idéal du Moi de la foule: «Le père primitif est l'Idéal de la foule qui domine l'individu après avoir pris la place de l'Idéal du Moi, tandis que les membres composant la foule, ayant ainsi remplacé leur Idéal du Moi par un même objet, s'identifient à eux» (la première partie de la phrase est de Freud, p. 89).
A partir de ces deux éléments, l'accent est mis encore plus précisément sur l'illusion qui est a