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Bien que le thème ici choisi prête à de nombreuses considérations, je me limiterai dans cette communication à souligner les quelques points sur lesquels j'aimerais voir porter la discussion. Ceci m'est facilité par le rapport si complet et le brillant exposé de Janine Chasseguet, ainsi que par les communications qui l'ont suivi.
Tout d'abord qu'entend-on par Idéal du Moi? S'il a toujours paru préférable, pour éviter les malentendus, de définir les termes que l'on emploie avant d'aborder toute réflexion théorique, il me semble que la nécessité s'en fait encore davantage sentir ici.
Il est en effet très difficile, et je crois que les auteurs sont unanimes sur ce point, de donner une définition de l'Idéal du Moi correspondant exactement à la pensée de Freud, ce concept ayant évolué tout au long de son œuvre. Je me référerai à celle qu'il a le plus fréquemment utilisée (en particulier lors de l'élaboration, entre 1920 et 1923, de la seconde théorie des instincts), dans la mesure où elle m'a paru la plus cohérente et aussi la plus proche de mon expérience clinique. Je veux parler de l'Idéal du Moi conçu comme une des deux facettes constituant cette instance qui, pour lui, se différencie du Moi à la fin de la phase œdipienne, lors de la double identification (au père et à la mère) sans laquelle la destruction du complexe d'Œdipe ne saurait, dit-il, avoir lieu.
Le fait qu'il ait employé indifféremment, à de nombreuses reprises, les termes d'Idéal du Moi ou de Surmoi pour qualifier cette instance me paraît clairement explicité dans Le Moi et le Ça quand il écrit: «Ce Surmoi n'est pas un simple résidu des premiers choix d'objets par le Ça, il a également la signification d'une formation destinée à réagir énergiquement contre ces choix.» Cette instance, d'après lui, conseillerait au Moi d'être comme le père (ou la mère suivant le sexe de l'enfant) mais également de ne pas être comme le père (ou la mère). C'est-à-dire que, dans les cas non pathologiques, elle ne serait nullement