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Commençons par le rappel d'un mythe; il nous servira, sous le couvert d'une analogie, à introduire la définition de notre objet, et, puisque ce dernier est l'écriture dans la psychanalyse, à invoquer nos références, de Platon, avec l'aide de Derrida, à Freud.
Ce mythe est celui que figurent les textes et les peintures retrouvés dans les pyramides et dans les nécropoles de l'ancienne Egypte. Livre des Morts, Livre des Litanies, Livre de la Demeure cachée, Livres des Portes (1), ces inscriptions montrent le long voyage de «ka», l'âme du défunt, depuis la mort terrestre jusqu'au Champ de Ialou où il recevra son nom d'éternité et une nouvelle mémoire. Durant ce voyage nocturne et souterrain — celui de la Barque sacrée, d'ouest en est — le «ka» est menacé par des monstres, démons-serpents, qui mangent le nom, la mémoire et le «pouvoir des mots magiques qu'il connaît». Pour ce voyage, le défunt doit être préparé, pendant le voyage il doit être accompagné. La préparation, c'est l'embaumement avec le temps symbolique de l'ouverture de la bouche, des yeux et des oreilles, et celui de la lecture des textes sacrés que le défunt doit bien connaître, et ne pas oublier, pour que s'ouvrent les portes de la Douat qu'il aura successivement à franchir. La cérémonie est ordonnancée par le prêtre représentant d'Anubis, le chacal sacré, dieu des funérailles, qui accompagnera le défunt jusqu'à sa justification en Osiris. Pendant le voyage, Anubis se tient derrière le mort (c'est sa place, statutaire semble-t-il, dans pratiquement toutes les représentations exhumées), il l'assiste de même qu'il l'a assisté lors des funérailles et qu'il l'assistera encore