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« Nous recherchons… le tableau des années oubliées. »
Nous croyons, nous aussi, que, tout au long de la cure, « ce que nous recherchons c'est le tableau des années oubliées, il devra (ce tableau) être en même temps digne de foi et complet pour l'essentiel » (2). Ce programme peut paraître ambitieux, voire utopique, il doit rester néanmoins, selon nous, le schème directeur de notre action.
Ce tableau des années oubliées n'est évidemment qu'un fragment de notre réalité psychique. Il convient alors de se demander de quoi celle-ci est faite, et s'il se conserve en elle de quoi reconstituer ce tableau. Déclarons d'emblée que nous sommes enclins à reconnaître à cette réalité quelque existence, et décidés à ne pas la réduire aux schèmes fantasmatiques. Elle est faite aussi de désirs, de sentiments, d'affects, où s'éprouve un sujet, et qui sont enracinés dans le corps. Elle est faite également d'images visuelles, auditives (verbales et non verbales), tactiles, olfactives, gustatives, cénesthésiques, kinesthésiques, etc., qui sont des souvenirs d'origine subjective ou des souvenirs de perceptions. Ceux-ci représentent la réalité du dehors, ceux-là la réalité interne.
Les images les plus anciennes ont été enregistrées par un Moi-réalité antérieur au Moi-plaisir purifié (3). Elles ont conservé leur configuration primitive parce que le refoulement primaire a mis à l'abri l'ensemble qu'elles composaient. Ajoutons que les désirs, les affects, leurs investissements restent liés à elles et définitivement marqués par elles.
Nous nous demanderons plus loin si ce cliché fidèle est définitivement