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L'étude de l'article de Francis Pasche et Michel Renard qui exprime de façon admirablement claire et cohérente les sentiments et les réflexions obscurs et fragmentaires suscités en moi par la lecture du livre de Serge Viderman me fait douter que je sois en mesure d'ajouter quoi que ce soit de nouveau à cette pénétrante critique.
Je vais toutefois me hasarder non pas à traiter, mais à soulever, dans la même ligne de pensée, quelques problèmes d'ordre général d'abord, et ensuite à focaliser ma réflexion sur « le contrat analytique », expression que je souhaite mettre entre guillemets.
Je voudrais dire à mon tour combien j'ai apprécié la très haute qualité des exposés cliniques de Serge Viderman, combien j'ai admiré la finesse, la justesse et l'éclat de ses interprétations, combien son livre se donne à lire avec plaisir, plaisir des sens grâce à l'élégance et à la pureté de son style, plaisir de l'esprit par la vaste étendue du sujet abordé, la séduction avec laquelle les thèses sont présentées et qu'elles exercent par elles-mêmes sur les profondeurs de notre psyché. Bref, ce livre qui tout à la fois domine et peaufine son sujet m'apparaît comme une belle fleur rare. Mes réflexions seront plus terre à terre.
La thèse essentielle du livre de Serge Viderman est que la construction en analyse ne saurait être celle du passé de l'analysé, elle est en fait créée, imaginée, inventée par l'analyste (ce sont les termes mêmes de l'auteur) qui fait littéralement exister la réalité psychique de l'analysé par la parole, ou plutôt par la nomination. Par exemple cette phrase (p. 164) : « Ce qui importe, c'est que l'analyste, sans égard à la réalité, ajuste et assemble ces matériaux pour construire un tout cohérent qui ne reproduit pas un fantasme préexistant dans l'inconscient du sujet, mais le fait exister en le disant » ou, p. 193 : « Le sens n'est pas antérieur à la parole mais forgé par elle. » L'innominé n'a pas d'existence. Et c'est ainsi que Serge Viderman peut dire, à propos d'u