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La théorie concernant « La construction de l'espace analytique », élaborée et présentée avec tant de talent par Serge Viderman, débouche indiscutablement sur des problèmes concernant le fonctionnement mental, qui sont d'un abord difficile et sont de plus en plus au centre des préoccupations des psychanalystes : les fantasmes inconscients. Comme il le montre, sa thèse repose sur les conceptions d'un troisième niveau d'inconscient, celui du refoulement primaire, auquel s'applique pleinement sa manière de voir ; la résurgence de souvenirs, dans leur historicité, avec leurs commémoratifs extérieurs concrets, caractérise les deux autres : préconscient et refoulement proprement dit.
Les dernières pages du livre soulignent la confrontation inévitable, à laquelle il aboutit, avec les fantasmes originaires. Ceux-ci, selon l'expression de Laplanche et Pontalis, dans leur article auquel on ne peut que faire référence, dès qu'on étudie ce sujet, le fantasme « prend dans l'expérience la consistance d'un objet, l'objet spécifique de la psychanalyse » (1).
Les psychanalystes d'enfants, notamment depuis Melanie Klein, ont apporté, comme on le sait, des éclaircissements très importants en ce qui concerne le fonctionnement mental du très jeune enfant, ses possibilités d'acquisition et d'utilisation des symboles et, par conséquent, du langage, avant quoi il ne peut constituer de souvenirs. L'amnésie infantile résulte de cet état antérieur. Elle ne résulte donc pas tant d'un refoulement, au sens où on l'entend pour l'hystérie, par exemple, que d'un refoulement primaire spécifique de cette époque. Les rejetons de cet inconscient primaire peuvent être entravés dans le déplacement et la symbolisation par des mécanismes particuliers à ce moment-là : le déni, décrit par Freud, le clivage, l'identification projective, etc., décrits par M. Klein.