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Tant a été dit dans un Colloque très riche qu'on peut hésiter à ajouter quelques propos. Leur brièveté en sera l'excuse.
L'analyse aboutit-elle à la construction d'un espace nouveau ? Ou jette-t-elle sur toutes choses, les objets externes et les objets internes, un éclairage nouveau, faisant apparaître des relations nouvelles entre les objets, d'où l'illusion d'un espace nouveau ?
Comparaison n'est pas raison. Mais puisque Serge Viderman a choisi de recourir à l'allégorie de la caverne pour illustrer, et combien brillamment, sa thèse, on est tenté d'y revenir pour défendre une autre thèse. On l'est d'autant plus que les métaphores spatiales sont à la mode, introduisant un réalisme topographique de l'inconscient dont il y a lieu de se méfier.
Dans son évocation de l'allégorie de la caverne, Serge Viderman s'est arrêté avant le moment où le prisonnier délié est conduit à la lumière du soleil, et où sont décrites les précautions à prendre pour lui faire regarder d'abord les objets réels éclairés par la lumière du soleil, puis le soleil lui-même, le Bien. Il ne se meut pas dans un espace nouveau, mais dans une autre région de l'espace. Et plus importante que la référence à l'espace est la référence à la lumière.
Pour le prisonnier délié, non plus que pour l'esclave du Ménon, il n'y a pas création d'objet ou de connaissance ; en déliant le prisonnier, on lui permet de faire usage de la vue qu'il possédait, en interrogeant l'esclave, on l'accouche selon la maïeutique d'une connaissance qui n'était en lui que réminiscence et qui devient science. Que fait d'autre l'analyste, quand il libère les forces pulsionnelles pour qu'elles deviennent créatrices ?