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Le livre de Serge Viderman, La construction de l'espace analytique, a donné lieu à des discussions passionnées. Pour les uns, il s'agit d'un des ouvrages les plus authentiquement psychanalytiques de la production de l'école française actuelle. Pour les autres, les thèses qu'il développe aboutiraient à nier l'existence de l'inconscient et même à nier la réalité extérieure, ne laissant place qu'à un psychanalyste démiurge qui créerait tout le processus analytique ex nihilo, en lui enlevant tout statut scientifique.
Nous laisserons de côté le fait que, peut-être, la vigueur de sa pensée et la tournure originale de son esprit ont entraîné S. Viderman à certaines formulations assez stimulantes pour être apparues presque provocantes. Il nous semble plus important de tenter de cerner la nature des problèmes qu'il a soulevés.
Il est clair que S. Viderman a soulevé un fameux lièvre ! N'est-ce pas celui qui renaît chaque fois qu'un pas en avant est fait, ou que l'accent est plus particulièrement porté sur le rôle et l'importance du fantasme (inconscient) dans la réalité psychique et dans le fonctionnement de l'appareil psychique ? Il nous semble que c'est le même lièvre que, mutatis mutandis, les découvertes de Melanie Klein avaient soulevé au sein de la Société britannique de Psychanalyse dans les années 40 : le vieux problème des rapports entre la réalité extérieure et la réalité psychique est aussitôt reposé, avec tout l'impact émotionnel qu'il provoque immanquablement. Et il est probable que l'on n'a guère été plus juste, en la matière, envers S. Viderman que ses opposants ne l'avaient été, alors, envers M. Klein. En tout cas, ce sont les mêmes accusations qui ont été portées : en particulier, celle que la primauté donnée à la réalité psychique serait soi-disant corollaire d'une négation de la réalité extérieure.
C'est sur ce point que je voudrais centrer mon intervention, en liaison avec les progrès réalisés dans la compréhension de ce que nous faisons en interprétant.
S. Vi