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Un livre (1) passionnant, un article (2) critique vigoureux : des options théoriques explicitement et radicalement opposées. Une question surgit : comment cette divergence théorique est-elle possible, par quoi est-elle déterminée ?
On peut certes s'argumenter à grand renfort de cas cliniques et de textes freudiens ; on peut, selon ses préférences, se ranger dans un camp ou dans l'autre ; on peut aussi chercher à nuancer les options et tenter le compromis ; la question reste cependant posée, d'autant plus nécessaire qu'en l'occurrence la divergence théorique est pure, non hypothéquée par des différences notables de pratique.
En effet, les protagonistes ont, sauf erreur, des filiations psychanalytiques voisines ; ils se réclament — et leurs textes le prouvent — de la même fidélité à Freud ; ils ont, semble-t-il, des clientèles équivalentes, un même engagement psychanalytique quasi exclusif, et, pour ce que l'on peut en savoir, des exercices tout à fait superposables en ce qui concerne la durée et la fréquence des séances, aussi bien que le silence et la frustration libidinale.
En plus, ils ont tous trois une excellente réputation ; et, par ailleurs, tous trois ont le même statut dans la même Société de Psychanalyse. La question posée est donc particulièrement intéressante et… embarrassante. Alors que nos auteurs interrogent la même clinique par la même pratique en s'éclairant des mêmes lectures, comment leur divergence théorique est-elle possible ? Ce qui nous renvoie à la genèse de l'élaboration théorique et aux déterminations de ceux qui la font.
Si, à titre d'hypothèse de travail, on inverse l'ordre de présentation interne de chacun des deux textes, peut-être verrons-nous mieux, dans la dialectique de la théorie et de la pratique, comment des conceptions différentes de la situation — ou de l'espace — psychanalytique éclairent