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L'ouvrage de S. Viderman sur La construction de l'espace analytique s'est trouvé, dans ce Colloque, au centre d'un débat où chaque aspect de la pensée de son auteur a été passé au crible de la critique. Les thèses pourtant ne m'en ont pas paru affaiblies. Non que je sois en accord avec Viderman dans toutes ses formulations. Il est bien des points, au contraire, sur lesquels je proposerai des retouches ou des compléments à des vues qu'au reste la discussion a souvent placées dans une lumière imprévue. Mais dans l'ensemble je consens, pour ma part, aux deux positions principales qu'elles me paraissent exprimer : 1) L'analyste joue un rôle essentiel, par la mise en ordre qu'opère sa parole, dans l'élaboration constructive : c'est lui qui le premier « construit », et l'analysé ne peut que le suivre, le compléter ou le contester dans cette voie ; 2) La construction, ou la reconstruction, ne conduit jamais à une reconstitution intégralement et fidèlement objective de ce qui s'est « réellement passé », même si la réalité du passé de l'analysé y est quelque part présente de manière organisatrice. — Ces conceptions, profondément freudiennes pour mon oreille, et qui s'accordent aussi pour l'essentiel à ma propre expérience clinique, ne me semblent en aucun cas justifier le soupçon — même léger — d'une déviation de la théorie psychanalytique en ce qu'elle a de plus rigoureux.
Je commence donc par une Bejahung. Ce sera le point de départ de mon intelligence personnelle de la construction. Cet acquiescement introduit dans le champ de mon jugement l'apport de sens sur quoi je fonderai mes propres réflexions, nuances ou réserves, autrement dit les positions de Verneinung de ma pensée, qui n'est pas ici encline à l'anathème. Aussi bien verra-t-on que c'est encore à la dénégation, dans ses rapports avec l'introjection et la projection, que je reviendrai sur le fond même du sujet, à la fin de ces quelques réflexions.
Mes remarques se distribueront sous trois chefs. Je m'attacherai succ