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« Nous avons essayé d'imiter les sciences naturelles et nous nous y essoufflons. »
Lors du Colloque dont le présent numéro recueille les résonances, Serge Viderman, parmi quantité de précisions et de commentaires d'un vif intérêt, a voulu liminairement indiquer quelle fut la motivation prévalente qui le conduisit à écrire La construction de l'espace analytique : « Je suis parti, a-t-il dit en substance, moins d'une réflexion sur les idées psychanalytiques que d'une réflexion sur les vicissitudes du mouvement psychanalytique. » L'une de ses hypothèses de travail est en effet, si je l'ai bien compris, que ces vicissitudes — dont scissions et dissidences constituent seulement des repères spectaculaires ou des péripéties — procèdent principalement des insuffisances de la théorie psychanalytique. « Quand nous faisons descendre la métapsychologie du ciel de la formalisation dans le champ concret de la cure, nous ne sommes plus aussi assurés de sa vérité », constatait-il. Ce qui est à rapprocher de cette autre assertion — si fréquemment reprise, sous des formes diverses et avec insistance par notre auteur —, selon laquelle « c'est l'outil conceptuel que la théorie met à sa disposition qui sensibilise et ouvre l'intelligence de l'analyste pour lui permettre d'informer la réalité selon les articulations préformées du modèle théorique qu'il s'est lui-même donné » (cf. La construction…, p. 130. Voir aussi p. 202).
Si la théorie freudienne apparaît comme grevée d'un lourd coefficient d'incertitude dès qu'elle se trouve utilisée dans la situation analytique mais si néanmoins le travail clinique de l'analyste requiert impérativement, à peine de rester aveugle, un système de référence, on est nécessairement conduit vers un relativisme de la praxis analytique ; c'est la situation analytique et ce que l'on voit s'y produire, ce que l'on peut y construire, qui deviennent les seules coordonnées acceptables. Ainsi Viderman est-il amené à prendre ses distances à l'égard