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269. A quoi crois-tu ?
A ceci : qu'il faut déterminer de nouvelle façon le poids de toutes choses.
Un livre est une bouteille à la mer. Vous ignorez si quelqu'un la trouvera. Trouvée, si elle sera ouverte. Vous ignorez si, ouverte, celui qui l'aura découverte entendra des mêmes lettres tracées un seul et même sens.
Je ne suis pas sûr que ce soit un mal. De toute façon, le malentendu, inscrit dans l'ambiguïté de tout langage, il faut non seulement en prendre son parti, mais en tirer parti.
Entre mes lecteurs et moi il y a malentendu, de toute façon : que je sois loué ou promis au bûcher — mais quoi ? Ne viendrait-il que d'eux et puis-je me contenter du pharisaïsme facile qui me mettrait dans la position confortable — mais honteuse à vouloir m'y tenir — de prétendre n'avoir pas été compris ?
Outre qu'une telle position serait contraire à une éthique de l'écriture, qu'elle donnerait à l'auteur une position privilégiée par rapport à son écrit — centre de sa toile dont il réclamerait le privilège d'avoir tissé, et bien tissé et sans retouches, tous les fils — en l'occurrence, et par les caractères mêmes de l'intentionalité qui parcourt et anime mon écrit, je le priverais sans avantage de ce qui en fait peut-être la force : d'être un point de vue, mouvant et variable. De pouvoir — ou d'avoir une chance de — s'inscrire dans un mouvement de recherche permanente, de ne se donner jamais comme fin, toujours pour un commencement. Un point de départ, une incitation, une excitation. Une invitation à prendre le relais, à renouer d'autres fils, à tisser d'autres toiles — fussent-elles autres, entièrement : puissent-elles être autres.
C'est dans ce seul mouvement destructif-constructif que la recherche