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Avec ce livre Salomon Resnik donne un aperçu de son expérience clinique de patients psychotiques.
Sa référence est d'une part Melanie Klein et son école : Bion, Rosenfeld mais aussi Winnicott ; d'autre part un axe phénoménologique qui va des psychiatres de l'école française, tels Seglas, Sollier, Cotard, E. Minkowski et son maître argentin Pichon-Rivière, jusqu'à Merleau-Ponty.
La position originale de S. Resnik est l'expression de sa pratique essentiellement phénoménologique. La rencontre de la psychanalyse kleinienne avec, disons, la tradition psychiatrique française, n'est pas l'aspect le moins inattendu de ce livre :
« La description phénoménologique (…) fait partie d'une grammatologie structurante et instrumentale que l'observateur et le patient construisent et utilisent à la fois (…). Les anciens psychiatres, très intuitifs, ont eu cette capacité d'exploration persistante et pénétrante. L'analyste ajoute par son attitude dynamique dans le travail thérapeutique la possibilité d'envisager les différents « cas cliniques » décrits psychiatriquement avec une mobilité particulière (l'inconscient est dynamique). »
Il n'est pas inutile de signaler que l'auteur avait précisé quelques lignes plus haut : « Je trouve toujours dans la description de Cotard et de Seglas une fraîcheur et une intuition phénoménologique très grandes et surtout une vision globale du malade (…) Même dans certaines techniques analytiques, on perçoit parfois que l'analyse unilatérale, soit des mécanismes de défense, soit de la relation d'objet, soit du caractère, fait perdre la notion de phénomène global. »
En fait son programme est simple : « S'identifier avec empathie aux projections du malade sans se laisser aliéner et sans perdre son rôle formel. » Ce décryptage du parcours de la projection nous conduit à travers les lieux géographiques essentiels : lieu de la pensée, lieu du corps, lieu du corps de l'autre, lieu de la pensée de l'autre. Et si « se regarder et se voir ; être debout et savoir que l'