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Il y a bien des années, je fis connaissance de Thalassa : les origines de la vie sexuelle (2) et rencontrai en S. Ferenczi un auteur inspiré, pertinent, rêveur aussi, à l'instar de Freud dans Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci. Depuis, je n'ai cessé de puiser et m'enrichir au contact de l'œuvre de cet homme prestigieux dont nous fêtons en cette année 1973 le centenaire de sa naissance.
A la lecture de la traduction en cours de ses écrits (3) nous nous trouvons dans la situation curieuse d'avoir déjà reçu quelques-uns de ses messages à travers d'autres auteurs, éventuellement sans le savoir, et aussi, de le lire dans une perspective désintéressée des relations réciproques avec Freud. Le rétablissement n'est pas aisé (4).
Ferenczi disposait d'une sensibilité neuve, prisée comme telle, personnelle, et que pourtant il a su exprimer, illustrer et nous communiquer d'une façon qui assouplit notre écoute, lui ouvre des dimensions nouvelles. Sa curiosité, toujours dans l'expectative du sur-mesure, lui aura évité d'être ou de devenir dogmatique ; elle ne lui aura pas épargné les démarches risquées. Aucun « tu ne dois pas », aucune doctrine une fois pour toutes établie ne l'endigueront. Aussi fera-t-il son propre chemin et parcourra des sentiers parfois hasardeux, dans l'immédiat dont pourtant nous bénéficions, pour en retenir la moisson autant que pour en éviter les suraccentuations qui guettent tout un chacun au cours des années de pratique.
Il peut sembler que Ferenczi se regarde du coin de l'œil lorsqu'il écrit : « Peut-être aucun savoir valablement fondé ne s'acquiert autrement qu'en parcourant les stades d'une illumination optimiste excessive, d'une déception inévitable et de la réconciliation finale des deux affects. »