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La connaissance, pour les psychanalystes, demande un double exercice, s'identifier et observer, ressentir et comprendre. Tenter d'éclairer la notion de bonheur nécessite de le considérer d'un regard calme mais non pas froid ni étranger, et de n'être ni aveuglé par sa lumière, ni endeuillé par sa perte. Il y a un temps pour sentir et un temps pour connaître. Peu importe d'ailleurs que chacun d'entre nous ne puisse inscrire dans la réalité qu'un certain nombre de « possibles », on ne peut jamais prendre, ni avoir pris tous les trains ; mais ce à quoi notre fonction exige que nous soyons aptes, c'est à reconnaître les vécus de l'autre, pour les avoir vécus réellement ou dans le monde du fantasme.
Cerner un sujet nous amène, parallèlement à l'expérience journalière et à la réflexion, à laisser monter des profondeurs, à travers les rêveries et les rêves nocturnes, un certain nombre de formes et de fantômes qui, habillés aux couleurs de notre folklore individuel, nous apportent sur les grands thèmes humains des informations difficilement remplaçables, qu'il nous reste ensuite à examiner avec l'esprit le plus critique.
A cette condition, on peut réfuter le mot de Jean Cocteau « Quand on regarde les fées, elles disparaissent », car le bonheur, comme les fées, s'il est illusion au plan de la réalité, est réalité au plan de l'imaginaire.
Bonheur, mot émouvant, mot ambigu, source de malentendus, piège, faux sujet, sujet tabou.
Le bonheur, terme phénoménologique, ne désigne pas un sujet psychanalytique (1) et cependant il vient et revient, sous la plume, à l'oreille et dans la bouche des psychanalystes qui ne peuvent pas l'exclure de leur réflexion.
Freud, qui en parle d'une manière pessimiste, le définit comme « la réalisation d'un désir infantile » (2). Définition féconde mais qui nous paraît insuffisante. La racine infantile se retrouve sans peine, mais la