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Ce texte, dont je ne donnerai ce soir que quelques illustrations théoriques et cliniques, a été élaboré il y a quelques années. Il fait suite, ou plutôt il accompagne, un exposé que j'avais présenté à la Société de Psychothérapie de Groupe : Le simulacre dans le psychodrame psychanalytique. Je tentais d'y mettre en relief la présence et la valeur du « fantasme agi » dans la cure psychodramatique ; mon propos visait surtout la révision théorique des linéaments techniques et métapsychologiques de cette cure (le psychodrame). Un danger, bien que presque toujours conduit par la nécessité, se circonscrit autour de ce qu'on a appelé « l'analyse sauvage », la blessure narcissique, la réaction cathartique…
Voici donc tout de suite quel était le point de départ de ma réflexion. La courte séquence qui m'a donné à penser. Un patient, un homme d'une trentaine d'années, après avoir suivi une cure analytique de divan qu'il jugeait avoir été infructueuse pour ce qu'il cherchait, était venu en psychodrame dans un groupe auquel je participais.
Ce patient présentait un syndrome de trans-vestissement ritualisé. Il venait à nous, comme il était venu à son premier analyste, avec l'espoir de voir disparaître — il le disait du moins — ce syndrome, non connu de son entourage, de personne, hormis de lui et de nous à qui il le confiait. Il se travestissait en femme, et le plaisir qu'il y prenait était celui d'une extase, d'une élation, d'une possibilité infinie de jouissance quasi mystique (il n'y avait pas de masturbation) dans le climat d'une ferveur digne de tous les absolus. Nous comprenions qu'il était père et mère de lui-même. Il s'agissait bien pour lui, non pas de s'identifier à une femme, mais d'un investissement sacralisé, ritualisé et théâtral, de se recouvrir de la peau d'une femme ; non seulement de faire comme font les femmes, mais surtout d'être regardé par une femme, comme une femme : « Si j'étais elle » avec « elle », « est-ce qu'une femme ne va pas se moquer de moi ? » — tell