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Dans une conférence récente faite à la Société psychanalytique de Paris, Jean Gillibert a décrit, en s'appuyant sur un intéressant matériel personnel, un type de conduite psychique particulier. Il s'agit de sujets qui paraissent extérieurement assez bien adaptés, réalistes (ou même hyper-réalistes) et peu conflictuels, qui peuvent aussi avoir une certaine productivité — sinon une créativité —, notamment intellectuelle, mais chez qui l'observateur attentif décèle une sorte de porte-à-faux. C'est comme si leurs attitudes et leurs réactions étaient pulsionnellement vides ou entravées en dedans, et finalement plus ou moins artificielles. Ce type de conduite peut dominer largement le tableau clinique de certains patients. Il a été caractérisé par Gillibert sous le nom de « simulacre », le mot étant à prendre non au sens de simulation ou de falsification, mais au sens plus général — et étymologique — où simulacre veut dire : image, statue, fantôme, figuration par artifice de ce qui est absent, de ce qui est ailleurs.
Mon propos est ici de partir des vues de Gillibert, qui m'ont paru cliniquement convaincantes, pour soulever dans ma propre perspective quelques problèmes de définition, et certaines hypothèses métapsychologiques touchant le fonctionnement de l'appareil psychique dans de telles conduites, ou dans celles qui leur sont apparentées. J'en saisirai l'occasion pour relier ce fonctionnement à ce que nous savons de celui de la pensée et du processus secondaire en général, et pour suggérer une modification de détail au schéma graphique de l'appareil psychique que Freud a proposé en 1923, et, avec une variante, en 1933.
Au centre des analyses de Gillibert, je placerai volontiers cette remarque que le simulacre correspond à une sorte « d'identification à ce qui est séparé ». Je comprends pour ma part que ce qui est investi dans cette « identification » c'est le processus et pour ainsi dire la forme de la relation objectale, plus que l'objet lui-même, qui est tenu en quelq